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"La situation est nucléaire " lâche Regis Delattre, de la régie de quartier Impulsion. André Dupon président du groupe Vitamine T, spécialisé dans la gestion d'entreprises d'insertion lui emboite le pas : "Notre région est maltraitée et je pèse mes mots". Mais selon le collectif, le budget consacré à l'Insertion englobe 7,2% de l'enveloppe nationale. Ils étaient à 12% en 2005. Rude paradoxe quand le taux de chômage en région monte à 12,5% dans le Nord en 2006 contre 9,1% dans l'hexagone (source Insee). Pourtant, personne ne dit en connaître les raisons. L'Union Régionale de l'Insertion par l'Activité Economique (URIAE) a réuni, mardi 23 avril, six de ces grands acteurs de la région pour débattre du problème.
Ceux qui vivent l'insertion au quotidien.
"On a invité les coureurs, pas les chronomètreurs" lance goguenard André Dupon. Cette « consultation » s'est imposée dans un contexte général lié au Grenelle. Une première en région, ou presque : ils se sont fait "griller " la politesse par Saint Denis la semaine dernière. Réunis par l'URIAE, ils ont pris le pari de mobiliser en masse ceux qui vivent l'insertion au quotidien. Au total 20 000 salariés se retrouvent dans ces six structures, "le noyau dur du chômage ". Et les propositions ne manquent pas : accompagnement de la personne durant deux ans, mise en place d'un guichet unique pour régler les démarches administratives et « en finir avec une complexité inouïe ».
« Le RSA, une chance historique»
Las des antiennes du gouvernement, le collectif s'inquiète pour l'avenir du Revenu de Solidarité Active (RSA), voulu par Martin Hirsch comme un complèment du RMI ou de l'Allocation Parent Isolé (API) pour garder une constance dans les revenus. « Une chance historique » selon l'URIAE « pour une fois que l'on peut faire la différence entre revenus des minimas et les salaires ». Le Président de la République a voulu dissiper les inquiétudes en réaffirmant hier soir sa volonté de maintenir le RSA et de le généraliser en 2009. "Il se fera en maîtrisant les coûts parce qu'on va redéployer une partie du coût de la prime pour l'emploi", a indiqué Nicolas Sarkozy. "On va tourner autour de 1,5 milliard compte tenu du redéploiement qu'on fera" de la PPE. Le 27 mai prochain, les travaux du Grenelle de l'Insertion sont appelés à se terminer. " Si son projet est rejeté, nous suggèrerons à Martin Hirsch de démissionner " avance A. Dupon. La messe est dite...